Samedi 26 avril 2008

    Voici un court extrait du quatrième chapitre : Slobodan, policier, s'est rendu sur les lieux d' un prétendu attentat, il se laisse rever à une vie meilleure ...


    "Tandis que les cadavres lui passaient sous le nez, il esquissa un sourire en pensant à la vie qu'il aurait si il n' y avait pas besoin d' autant de policiers. Jardinier. Faire pousser du gazon, des fleurs, des arbres qui seraient un jour plus vieux qu'il ne le sera jamais, cueillir les fruits de la terre, être réveillé par des piallements, sentir son hypophyse carressé par les brins d' herbe; sentir la vie dans ses mains, juste au bout de ses doigts. Moins de terroristes, plus d' espaces verts; Moins de policiers, plus de jardiniers. Et l' odeur, l' odeur de verdure, l' odeur des origines; Tout a commencé dans cette odeur, l' Homme, le Jardinier, la Femme, l' Amour, le Droit, l' Etat, même les policiers. Il aurait mentalement rajouté à sa liste,les terroristes ... comme s'ils existaient, en raison de la présence de policier; et non l' inverse."

   
    Un des points de divergence entre Winston et Slobodan tient aux buts qu'ils se fixent; Winston cherchera à rendre le monde meilleur, Slobodan à rendre sa vie idéale. On pourrait schématiser en prétendant que l'un est altruiste, l' autre egocentrique mais la différence tient au fait que Winston remet en cause le systéme dans lequel il s'est construit, le systéme passé et le systeme présent. Ce n' est pas le cas de Slobodan; pour lui le systéme est bon, idéal mais il est corrompu. Dans tous les cas, le systéme échoue dés qu'il est question de satisfaire un idéal individuel qu'il soit particulier ou universaliste ... Dans tous les cas, le systême social sensé ne plus produire de victime en produit.

 


par Woot S. Kinsasha publié dans : Extraits communauté : Autres Mondes...
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mercredi 23 avril 2008
Comme d' autres romans et nouvelles de Philip K. Dick, Substance Mort s'est vu adapté au cinéma. Il s' agit avec Next (adaptation de l' Homme Doré) de la derniére en date (du moins à connaissance; La prochaine en vue Radio Libre Albemuth, ce qui va me forcer à lire trés vite la trilogie divine car je souhaite lire par ordre de parution, Radio Libre Albemuth ayant été refusé par son éditeur K.Dick a écrit La Trilogie Divine avant de retoucher son prélude...). A Scanner Darkly à sa sortie en France (uniquement en VOST) a gardé son titre original (inutile de chercher Substance Mort à la Fnac rayon DVD). Le film sort en 2006 et est dirigé par Richard Linklater qui est plutot un bon réalisateur; ce qui se confirme dans cette adapation qu'il a lui même écrite. Rien ne vaut le livre mais le film lui est trés fidéle, les passages non adaptés étant généralement secondaires voire trés secondaires et l' ensemble des situations et de l' ambiance a été trés bien transposé sur pellicule.



SI c'est un K Dick, que c'est fidéle et bien réalisé, c'est forcément un film excellent ! L' histoire étant la même, je vous invite à lire l' article que j'ai publié sur le roman il y a quelque jour. Pour le reste les acteurs sont trés convaincants qu'il s' agisse de Keanu Reeves de Winona Ryder ou de Rory Cochrane et Robert Downey Junior. La BO est en majorité composée de morceau de Radiohead ce qui colle à la perfection avec l' ambiance dickienne. Outre les scénes particuliérement drole reprise du livre, l' accent dramatique est tyrés bien dosé; tout comme la lente descente aux enfers d' Arctor est excellement transcrite avec semble-t-il beaucoup de réalisme.

Ce qui en soi est tout à fait paradoxal car la particularité de ce film tient à son étonnante post-production. En effet, en post production le film a subi un effet bande dessiné trés réussi. Certain s'égareront à penser qu'il s'agit d' un film d' animation ; que neni c'est un film à part entiére. Là où d' autres comme Sin City avait fait là un choix nécessaire mais pas toujours convaincant, A Scanner Darkly assume trés bien l' effet qui rajoute indubitablement quelque chose d' halluciné à un film dont le théme n'est finalement qu'une halucination collective ...


par Woot S. Kinsasha publié dans : Romans et Films de SF communauté : SFFF
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mardi 22 avril 2008

Moi

Je parle peu de moi sur ce blog mais j' ai décidé de vous montrez mon vrai visage ... évidemment on voit rien :P

par Woot S. Kinsasha communauté : Autres Mondes...
ajouter un commentaire commentaires (5)    recommander
Dimanche 20 avril 2008
La Mouche Magique ou dans son titre original, Magic Fly (ok, la traduction française était vaseuse ...) est un morceau du groupe Espace ou dans son nom original Space sorti en 1977. Si je vous en parle c'est que Space fait partie des premiers groupes electro, et notemment de la French Touch... Magic Fly est probablement ce qui a le moins mal vieilli de ce que j'ai pu entendre, c'est également un grand succés du groupe qui semble-t-il fut trés populaire en URSS ( Ce qui ne m' étonne à moitié, dans le film Solaris (Solyaris dans son nom original) d' Andréï Tarkovski on entend ce qui me parait etre belle et bien de la musique électronique tout celà composait par l' académie des sciences russes de l' époque (1972)).

Pour en venir au fait qu' en parcourant les albums Magic Fly et Delivrance du groupe Space j'y ai trouvé à la fois des sonorités tout à fait moderne et à la fois des intonations tout à fait retro ... ce qui fait un mélange tout à fait original qui n' a pas censé de me faire penser que le célébre groupe Daft Punk s'est tout à fait inspiré de la musique tout à fait particuliére de Space tout à fait retro et tout à fait electronique.

par Woot S. Kinsasha publié dans : Musique communauté : L'imaginaire pour tous
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Samedi 19 avril 2008
J'ai trouvé un documentaire français sur Philip K. Dick il y a un petit moment de ça , je le propose à ceux qui veulent découvrir ce personnage assez étrange  ...




Retrouvez la suite sur Youtube ...




par Woot S. Kinsasha publié dans : Romans et Films de SF communauté : Autres Mondes...
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mardi 15 avril 2008
Substance Mort, A Scanner Darkly en anglais, est un roman de Philip K. Dick. L'action se situe dans un avenir proche aux Etats Unis. Le marché de la drogue bat son plein chez les freaks qui souffrent tout particuliérement de la Substance Mort (Death in english). Une drogue qui se vend trés bien et qui est particuliérement noscive pour le métabolisme de ses consomateurs. C'est donc dans ce climat pessimiste, à la fois amusant et triste, qu' évolue Bob Arctor, un junkie qui vit avec Luckman et Barris deux autres toxico sympathiques. Seulement Arctor est aussi Fred, un agent des narcotiques dont le travail est de remonter la filiére de l' organisation Substance Mort au moins jusqu'aux pushers c'est à dire ceux qui fournissent les petits dealers. Pour que l' infiltration soit la plus optimale possible les autorités elles même ignorent qui est Fred en réalité. Il porte un complet brouillé; une combinaison qui affiche aléatoirement des visages et des vetements afin que l'agent soit toujours masqué quand il s' adresse à sa propre agence.  Le fait est que personne ne sait d'où provient la Substance M ... Mise à part de drole de tentatives d'accident orchestrées par Barris, tout semble fonctionner pour Arctor/Fred qui n' en finit pas d' essayer de conclure avec Donna. Jusqu'au jour où Hank, son supérieur, vétu de son complet brouillé demande à Fred, dans son complet brouillé, d' enqueter principalement sur Arctor qui selon lui prépare quelque chose d' enorme. Arctor/Fred ne prépare rien et la psychose s' installe dans le coeur de chaque cachet de Substance M qu'il avale ...

Comme bon nombre de roman de Dick, la question de la réalité se pose, cette fois ci au travers du spectre de la drogue. Mais aussi et c'est le coeur du roman au travers de la dualité qui habite chacun de nous, entre ce que nous sommes et ce que nous devons paraitre pour les autres. Arctor est un agent qui doit se faire passer pour un junkie auprés de ceux qu'ils surveillent c'est à dire ses amis; tandis que Fred est un junkie qui tente de le dissimuler à l'agence qui l' engage. Où que soit sa place, Arctor/Fred n' est jamais à son aise et à toujours quelque chose à cacher et un objectif secret à atteindre. Ceux sont vraisemblablement les bases d' un bon roman mais Substance Mort va plus loin en appliquant cette dualité à quantitée d' autres élements. En ce qui me concerne, c' est ce qui fait de ce roman une excellente représentation de la nature versatile, étrange, inaccessible de la réalité dans un monde imergé, noyé, dans la fiction. Les fictions de la culture, les fictions que provoquent la drogue, les fictions auxquelles nous aspirions ou au contraire qui nous effraient, les fictions qui font fonctionner notre monde, l' argent, les façades, les multinationnales, Coca Cola, l' Etat ... et le visage des autres qui n'est qu'un reflet inversé fictif de ce qu'ils sont.



Substance Mort est généralement présenté comme étant l' un des romans les plus personnels de K.Dick. Compte tenu de ce que je peux prétendre savoir sur lui, celà me parait assez juste. Et, quoiqu'il en soit, nul doute qu'il ait revendiqué cet attachement particulier. Au fur et à mesure du livre des personnages disparaissent fauchés par les drogues et quand le roman touche à sa fin; quand on a ri des divagations de toxico complétement allumés qu'on a appris la vérité, quand on sait que la mort n' est pas la meme pour tout le monde, Dick achéve l' ouvrage par la liste de ceux qu'il a perdu et qu'il regrette, qu'ils soient décédés ou atteints de psychose permanente comme pour nous dire que la fiction n' a jamais été aussi proche de la réalité, quel qu'elle puisse etre ...
par Woot S. Kinsasha publié dans : Romans et Films de SF communauté : Autres Mondes...
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Jeudi 27 mars 2008
    The Southland Tales est un film américain réalisé par Richard Kelly, produit en 2006 et sorti dans nos salles ... jamais ! Il s' agit d' un film de science fiction présenté à Cannes en 2006 et vraisemblablement trés mal reçu par la critique. Suite à quoi le réalisateur de Donnie Darko a du complétement remonter son film et à quoi aucune sortie en France n' a pas été prévue; pour le reste le film est sorti en dvd il y a deux semaines aux USA et sort dans quelques jours aux Royaumes Unis ... Heureusement les sous titres français sont de la partie.

    Heureusement parce que je pense trés sincérement que The Southland Tales va devenir un film culte dans le monde de la SF. Le temps que nous le découvrions en Europe, j'imagine même qu'un jour on aura droit à un doublage, à mon sens, ce n' est qu'une question de temps avant qu' à peu prés n'importe qui qui s'interresse au cinéma en aura au moins entendu parler une fois. Et si on évoque ce film, on ne peut qu' attiser assez violement la curiosité de notre interlocuteur tant la situation initiale est alléchante. The Southland Tales ne serait pas le premier film de SF à être trés mal accueilli pour ensuite devenir culte. Je pense par exemple à Dune que David Lynch lui même rénie faute d' avoir pu faire le montage lui même ... Peu compris, mal apprécié, nombre de spectateur pense à Dune comme un mauvais film de SF incompréhensible et laborieux; et pourtant, même si une pluie de critique s' abat sur ce film même parmis les adorateurs de SF qui lui reproche de ne pas suivre assez scrupuleusement le script (il faut dire que sur certains détails de taille il s'en éloigne), Dune revient aussi dans les discutions comme un des meilleurs films de SF, un film dont j' entends bien souvent "je l' ai" alors que d' autres voudraient qu'on les paie pour le revoir une fois encore. Quelque chose me dit, et ça n' engage que moi, que The Southland Tales s'oriente vers le même destin à la fois sombre et glorieux.

    Les Etats Unis sont frappés par une attaque nucléaire qui plonge le monde dans une troisiéme guerre mondiale qui touche particuliérement le Moyen Orient. Suite à quoi les Etats Unis éprouve des difficultés à s' approvisionner en petrole et se tourne donc vers des energies alternatives. C'est dans ce contexte qu' intervient un certain Treer éminent prix Nobel  qui a mis au point un systême qui exploite le mouvement perpétuel de l' océan pour creer de l'énergie indéfiniment. Réapparait alors un acteur de film d' action (The Rock) fiancé à la fille du prochain président des Etats Unis, en plein désert. Il a perdu la mémoire et est recueilli par une actrice porno (Sarah Michelle Gellar). Et, évidemment, je ne vous raconte pas la suite, les multiples autres protagonistes, les intrigues mélées, le mystére qui entoure tout celà, ni le pourquoi et encore moins le comment.

    The Southland Tales est un film brillant, un must dans le cinéma SF, dans la même veine que Donnie Darko. Si vous avez aimé ce dernier, vous ne devez pas passer à coté de celui ci; quant aux autres, j'aurais tendance à leur recommander de voir Donnie Darko avant de s' attaquer à The Southland Tales; il s' agit de deux films bien distincts mais Donnie Darko semble moins décourageant que The Southland Tales, comme une introduction à l' approche parfois étrange de Richard Kelly.

    Néanmois, le film comme Donnie Darko avant lui, foisonne de référence à la SF, notemment (comme c'est mon truc en ce moment) à K Dick que j'ai même cru voir incarné dans un scientifique joufflu, longue barbe et chemise exotique ... A recommander donc aux fans de SF sans exception ... Encore une fois comme son prédécesseur, le film traite de questions théologiques et metaphysiques fortes interressantes pour moi et pour qui, j' en suis sur, à envie de voir le monde différemment  ...

par Woot S. Kinsasha publié dans : Romans et Films de SF communauté : Autres Mondes...
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Lundi 24 mars 2008

C'est un petit truc que j'ai réalisé moi même ... le rapport à la Sf est assez mince mais si ca peut interresser les conaisseurs (qui ne conaissent pas mon blog ...) ...

 

 

 

par Woot S. Kinsasha publié dans : Jeu Video et SF communauté : SFFF
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Samedi 22 mars 2008

Il y a maintenant quelque temps j'avais juste commencé une nouvelle que je voulais orienter vers toute sorte de question sur "qu'est ce que l' humanité ?" et  la compatibilité entre le développement industriel et l'équilibre naturel... tout ça donnat sur une histoire de zombies légérement gore, assez "pulp" dans l' ensemble ... J'ai jamais eu le courage de continuer le peu que j' ai écrit ... une chose se faisant on passe à quelque chose d' autre et on nefinit jamais ce qu'on entreprend ...

 

Emmanuel finissait de décapiter sa mére. Le sang rouge recouvrait sa peau noire. Elle gueulait encore un peu comme si un souffle funébre s' échappait dans l'affaisement de sa cage thoraxique. La lame de la hache à force de têtes tranchées s' était complétement émoussée. Il n' avait pas eu la force de tuer sa mére en premier. Il réalisait alors que la décapiter avec une lame qui n' était plus aiguisée était bien plus cruel; autant pour elle que pour lui. Il achevait de lui broyer la nuque avec la hache. La grange puait la chair fraiche. En sortant, il enjamba les cadavres de son pére, de sa grande soeur, de sa tante, de ses deux petites soeurs et de ses trois petits fréres. Toute la famille y était passée. Il prit une grande inspiration dans les narines. La nuit allait être longue. La Pleine Lune lui ouvrira le chemin de sa fuite. Il jeta un coup d' oeil à sa hache avant de la balarder , dépité qu' elle soit abimée au point de ne plus pouvoir décapiter qui que se soit. Il aurait bien voulu pouvoir s' en servir encore, juste au cas où.


Ils venaient de dévaliser une station essence sur la route. Elle avait tenu le vendeur en joug, le temps qu' il prenne ce qui le tentait dont la caisse. L' autre lourdeau, les mains en l' air, n' avait rien trouvé de mieux que de vouloir sortir un colt de dessous la table. Elle l' avait laissé faire. Juste pour voir comme les choses se dérouleraient alors. Elle avait vraiment ri de voir ce type croire que tenir un revolver suffisait à le sortir d' affaire. Une fois qu' elle avait fini de glousser, elle lui avait envoyé deux balles de son canon double dans la tête. Clyde lui avait lancé un regard accusateur. Il aurait pu se faire tuer par un stupide tenancier de station essence, simplement, parce qu' elle avait voulu se marrer. Elle braqua son partenaire avec un sourire. Il dégaina un soupir de rire avant que Bonnie ne lui saute au cou, les deux jambes écartées, le fusil plaqué sur son buste. Ils tombérent. Un coup partit en frolant leur joues. Ils riérent tout exités par le rale de l' arme à feu qui manqua de les tuer. Ils étaient vivants. Bonnie et Clyde étaient vivants; plus vivants que jamais lorsque leur deux corps s' enserraient dans l' expression passionnelle de leur amour. Elle se mit à lécher le canon qui était entre eux deux. Dans leur agitation, ils baignaient dans le sang du vendeur comme dans une fontaine de jouvence. Bonnie et Clyde étaient bien vivants.

Clyde conduisait. C' était lui l' homme. Bonnie allumait tranquillement un cigare de 18 centimétres. C' était elle la femme. Il laissait son regard s' égarer sur les jambes dévêtues de sa compagne tandis qu' elle s' évanouissait dans le tabac et le ciel sombre et étoilé. Ils roulaient de nuit pour gagner du temps sur les autorités. Ils leur échappaient depuis leur rencontre. Un jour Clyde avait rencontré Bonnie. Tout était allé très vite et il leur semblait que c' était hier. Ils hantaient les routes depuis des années. Un jour Bonnie avait rencontré Clyde. La passion les avait liés l' un à l' autre comme deux aimants. Il lui avait suffit de lire dans les deux grands yeux bleus de Clyde pour savoir que c' était avec lui qu' elle mourrait. C' était avec lui qu' elle voulait mourir. Le sentiment était réciproque. Ils pouvaient tout se permettre ensemble puisque même la mort les lierait.

La route longeait les champs du coton du sud du pays. Il sembla à Bonnie que les fleurs de coton éclairaient leur chemin. Les cotoniers atteignaient les deux métres, bientôt le coton serait ramassé. Bientôt probablement que l' on ramasserait Bonnie et Clyde. Elle n' était certainement pas aussi prête à mourir qu' elle le prétendait. Clyde non plus. Leur histoire n' était qu' une éternelle fuite vers l' horizon. Ils ne restaient jamais plus de cinq jours dans la même ville. Tant qu' ils fuyaient, ils pouvaient s' aimer. Tant qu' ils s' aimaient, ils gardaient la force de fuir. Clyde gardait les yeux sur la route mais commençait à s' assoupir. Ils allaient s' arrêter sur le bord des champs de coton et dormir à la belle étoile cette nuit.


Emmanuel s' était arrêté dans sa course. Il regardait la Lune qui luisait sur son crane chauve. Sa folie furieuse l' accablait. Ses larmes se mélérent au sang séché qu' il avait sur le visage. Pour les épancher, il passa sa main sur ses joues. Il frémit en les parcourant . Du bout des doigts, il sentait les cicatrices du R marqué au fer rouge qui sertissait son visage. Il éructa violement avant de mettre sa tête entre ses jambes. C' était dur mais s'il devait encore tuer, pour survivre, il le ferait. Il ne pouvait pas se laisser mourir. Il devait vivre envers et contre tout, même si la vie ne vaut pas toujours d' être vécue. La nuit allait être longue. Il devait partir le plus loin possible pour ne pas être rattrapé. Le passage le plus dangereux était devant lui, il devait border les grands champs de coton que son pére avait moissonnés avant lui et le pére de son pére pendant sur des générations d' esclaves. Il songea à son pére sans tête. Peut être que cela sera son tour un jour, en attendant que le moment soit venu il devait vivre jusqu' au bout ... vivre pour vivre.


La voiture sortit lentement de la route pour continuer sur un vieux sentier qui se dessinait discrétement dans un espace boisé. Clyde descendit sans réveiller Bonnie et commença sous la clarté de la Lune à chercher de quoi cacher le plus possible l' automobile. Il avait un très mauvais pressentiment. La nuit, cette nuit, sentait mauvais. Il s' assit sur la terre mouillée pour y réfléchir. L' humidité du printemps se mélait au parfum acre des embruns portés par le vent. Les arbres étaient berçés par le souffle et la Lune faisait scintiller la pointe de chaque feuille. C' était trop. Ces odeurs mélées étaient écoeurantes. Ces lumiéres qui ne cessaient de danser frénétiquement au dessus de lui, le mettaient particuliérement mal à l' aise. Une goutte de sueur perla sur son front. L' ambiance était fiévreuse. Il aurait juré sentir sa tête gonfler comme un ballon, son crâne s' écarter sous la pression de ses sens. Il frotta nerveusement son nez en lachant de lourdes expirations. Son souffle inquiétant réveilla Bonnie.

Elle vint se mettre à coté de lui et lui prit la main. Clyde en oublia sa démangeaison et laissa Bonnie guider sa main sur ses cuisses. Le vent avait cessé, les lumiéres ne le harcelaient plus, l' air redevenait respirable. Il embaumait Bonnie. Il sentait le parfum de leurs deux corps entremélés. Les feuilles qui reflétaient la clarté de la Lune, éclairaient la chevelure rousse de Bonnie. Elle posait ses mains sur son corps pour le soulager. Doucement, il revenait à lui même. Sa respiration n' accélerait plus que sous l' effort physique. Elle passa ses doigts dans ses cheveux, sa nuque, ses omoplates, son dos, son bassin. C'était autant de région de son corps qu' elle apaisait. Soudain ...

Clyde se redressa en gardant sa partenaire contre lui. Quelqu'un approchait. Bonnie partit prendre son fusil. Peut être que l' autre fou avait finalement réussi à anticiper leur direction. Ils se déboitérent, Bonnie prit son fusil, Clyde son revolver. Elle n' eut pas le temps de douter de l' intuition de son amant pour que l' arrivant se fasse entendre. Ses pas étaient lourds et écrasaient allégrement les brindilles, ce ne pouvait pas être lui. Clyde se détendit, probablement qu' ils pourraient s' amuser avec le bonhomme qui arrivait ...


Emmanuel déferlait parmi les arbres sombres en gesticulant chaotiquement. Ses épaisses mains frottaient le cuir de sa peau noire. Elles l' égratignaient nerveusement. Il déboula sur le sentier que la végétation avait absorbé. Il prit ses frusques et les déchira pour les jeter sur le sol. Il passa ses doigts dans ses larges oreilles avant de s'appuyer sur l'automobile noire. A la lueur de la lune, Bonnie examinait son corps massif.

« Te retourne pas, négre ! » Clyde braquait son revolver vers Emmanuel, dans son dos.  «  D'où tu cours ? T'es un criminel ? » Bien qu' il protesta en le menaçant, Emmanuel se retourna. «  Ok, je vois. Esclave. Ca doit faire mal hein. » Il désignait ça joue mais l'autre ne répondait pas « Toi pas savoir parler ? »

par Woot S. Kinsasha publié dans : Ebauches communauté : Autres Mondes...
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Vendredi 21 mars 2008

J'ai achevé il y a quelques minutes Le Maitre du Haut Chateau, ouvrage que l' on m' a hautement conseillé dans ma découverte de Philip K. Dick... J'avais lu cet étrange bouquin : Au Bout du Labyrinthe, puis Ubik ... je mettais aussi attardé sur un recueil de nouvelles paru chez Folio SF Dans le Jardin.  Aprés SIVA, nul doute que K.Dick était gravement paranoïaque... Et là, je finis Le Maitre du Haut Chateau ... Enfin ... JE finis ... Je sens qu' en effet quelque chose est fini mais j'ai du mal à savoir si j'ai fini le roman ou si lui m' a achevé...

Déjà, sans la lecture de cet ouvrage incroyablement riche et interressant que je recommande d' ailleurs à tous, par moment, j' avais le sentiment de remettre en doute une grande partie de la réalité; et de ce qui la constitue; et de ce que j' en perçois; et des critéres qui me permette de la définir (du moins à mon niveau) ... Et, il me semble, que j'ai fait pas mal de prospection métaphysique sur des questions aussi variées que "Y a-t-il un Dieu?", "Est ce que j' existe?" ou encore " Y a-t-il un sens à quoi que se soit ?"man-castle18.jpg

Jusqu' à présent j' ai réussi à répondre à toutes ces questions ... dans le désordre : surement plus; c'est sans importance; c'est une conception humaine voire culturelle, il est probable que non ... N' essayez pas de remettre dans l' ordre vous risquerez de vous trompez ... de toutes façons ca marche dans n' importe quel ordre ...

En réalité (enfin si je peux encore utiliser ce mot), Le Maitre du Haut Chateau n' a pas changé grand chose à cet état d' esprit quasi-nihiliste ("quasi" euphémisme, ô redoutable !Mon Dieu, si vous etes là et meme si j' en doute plus que fortement, je ne m' adresse pas vraiment à vous mais ne suis je pas en train de remettre en doute le nihilisme qui entoure mon mode de vie, moi qui tapotte sur une tablette de pixel tous plus illusoires les uns que les autres, en m' exprimant à une masse tangible de lecteur qui avoisine quelque chiffre autour de zero (car je ne suis pas sur que je puisse me compter moi même, existons nous pour nous même si nous existons par les autres ?) ?). Voilà que je m' exprime en parenthése (mais peut etre ma vie tient dans la parenthése d' un infame auteur de science fiction insomniaque et complétement déchiré aux amphétamines). Que j' en reviens-je au propos désolant de cette incroyable roman ... Il est évidement hors de question que je dévoile la fin du roman... la fin .... tout n' est qu' un éternel recommencement dans un monde fictif et tant qu'on ne peut prouver que la réalité est ce que nous prétendons, ne sommes nous pas dans une fiction ?... De toute façons, la fiction est une création humaine et c'est probablement la capacité d' abstraction et de création fictionnelle qui nous démarque du reste du régne animal. Tout dans notre société n' est que fiction et fiction sur fiction et fiction en abime et abime de fiction en cascade ... jusqu' au gouffre de la fiction (Internet si tu me lis ...) ...

Tout celà pour en revenir au fait suivant : je fais preque une crise de paranoïa parce que je sais que personne ne peut me situer dans le temps ni dans l' espace ni dans quoi que se soit et c'est terrifiant. Nous avons construit notre pensée sur ce que nous étions capables de percevoir à notre échelle et nous avons transposé ces mêmes schémas de pensée à des niveaux bien supérieurs à cette même échelle. Personne ne peut affirmer quoique se soit en ce monde en prétendant avoir des preuves; le simple fait d' évoquer des preuves est une abération de l' esprit humain en même temps que le fait d' agir en l' absence de la moindre preuve apparait être d' une stupidité assourdissante... Il n' y a pas de réponses. Il n' y en aura jamais. Se poser les questions ne sert à rien et sans les réponses à ces questions, rien n' a de sens ... Alors je vais me les poser desespéremment jusqu'à ce que mon cerveau s' endorme sous l'effet des soins paliatifs et que le froissement d'un écran d' ordinateur on me débranche ... de tout ... de la réalité ... des fictions ... que je creuse le gouffre que j' y repose et que les vivants continue à chercher le fond ...

 

rozztoxshirt.jpg

Tu dois plus être trés loin, enfoiré ...

par Woot S. Kinsasha publié dans : Romans et Films de SF communauté : Autres Mondes...
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander

Présentation

Calendrier

Juillet 2008
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Recherche

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Syndication

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus