J'ai achevé il y a quelques minutes Le Maitre du Haut Chateau, ouvrage que l' on m' a hautement conseillé dans ma découverte de Philip K. Dick... J'avais lu cet étrange bouquin : Au Bout du Labyrinthe, puis Ubik ... je mettais aussi attardé sur un recueil de nouvelles paru chez Folio SF Dans le Jardin. Aprés SIVA, nul doute que K.Dick était gravement paranoïaque... Et là, je finis Le Maitre du Haut Chateau ... Enfin ... JE finis ... Je sens qu' en effet quelque chose est fini mais j'ai du mal à savoir si j'ai fini le roman ou si lui m' a achevé...
Déjà, sans la lecture de cet ouvrage incroyablement riche et interressant que je recommande d' ailleurs à tous, par moment, j' avais le sentiment de remettre en doute une grande partie de la
réalité; et de ce qui la constitue; et de ce que j' en perçois; et des critéres qui me permette de la définir (du moins à mon niveau) ... Et, il me semble, que j'ai fait pas mal de prospection
métaphysique sur des questions aussi variées que "Y a-t-il un Dieu?", "Est ce que j' existe?" ou encore " Y a-t-il un sens à quoi que se soit ?"
Jusqu' à présent j' ai réussi à répondre à toutes ces questions ... dans le désordre : surement plus; c'est sans importance; c'est une conception humaine voire culturelle, il est probable que non ... N' essayez pas de remettre dans l' ordre vous risquerez de vous trompez ... de toutes façons ca marche dans n' importe quel ordre ...
En réalité (enfin si je peux encore utiliser ce mot), Le Maitre du Haut Chateau n' a pas changé grand chose à cet état d' esprit quasi-nihiliste ("quasi" euphémisme, ô redoutable !, Mon Dieu, si vous etes là et meme si j' en doute plus que fortement, je ne m' adresse pas vraiment à vous mais ne suis je pas en train de remettre en doute le nihilisme qui entoure mon mode de vie, moi qui tapotte sur une tablette de pixel tous plus illusoires les uns que les autres, en m' exprimant à une masse tangible de lecteur qui avoisine quelque chiffre autour de zero (car je ne suis pas sur que je puisse me compter moi même, existons nous pour nous même si nous existons par les autres ?) ?). Voilà que je m' exprime en parenthése (mais peut etre ma vie tient dans la parenthése d' un infame auteur de science fiction insomniaque et complétement déchiré aux amphétamines). Que j' en reviens-je au propos désolant de cette incroyable roman ... Il est évidement hors de question que je dévoile la fin du roman... la fin .... tout n' est qu' un éternel recommencement dans un monde fictif et tant qu'on ne peut prouver que la réalité est ce que nous prétendons, ne sommes nous pas dans une fiction ?... De toute façons, la fiction est une création humaine et c'est probablement la capacité d' abstraction et de création fictionnelle qui nous démarque du reste du régne animal. Tout dans notre société n' est que fiction et fiction sur fiction et fiction en abime et abime de fiction en cascade ... jusqu' au gouffre de la fiction (Internet si tu me lis ...) ...
Tout celà pour en revenir au fait suivant : je fais preque une crise de paranoïa parce que je sais que personne ne peut me situer dans le temps ni dans l' espace ni dans quoi que se soit et c'est terrifiant. Nous avons construit notre pensée sur ce que nous étions capables de percevoir à notre échelle et nous avons transposé ces mêmes schémas de pensée à des niveaux bien supérieurs à cette même échelle. Personne ne peut affirmer quoique se soit en ce monde en prétendant avoir des preuves; le simple fait d' évoquer des preuves est une abération de l' esprit humain en même temps que le fait d' agir en l' absence de la moindre preuve apparait être d' une stupidité assourdissante... Il n' y a pas de réponses. Il n' y en aura jamais. Se poser les questions ne sert à rien et sans les réponses à ces questions, rien n' a de sens ... Alors je vais me les poser desespéremment jusqu'à ce que mon cerveau s' endorme sous l'effet des soins paliatifs et que le froissement d'un écran d' ordinateur on me débranche ... de tout ... de la réalité ... des fictions ... que je creuse le gouffre que j' y repose et que les vivants continue à chercher le fond ...
Tu dois plus être trés loin, enfoiré ...
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