Substance Mort,
A Scanner Darkly en anglais, est un roman de Philip K. Dick. L'action se situe dans un avenir proche aux Etats Unis.
Le marché de la drogue bat son plein chez les
freaks qui souffrent tout particuliérement de la
Substance Mort (
Death in english). Une drogue qui se vend trés bien et qui
est particuliérement noscive pour le métabolisme de ses consomateurs. C'est donc dans ce climat pessimiste, à la fois amusant et triste, qu' évolue
Bob Arctor, un junkie qui vit avec
Luckman et
Barris deux autres toxico sympathiques. Seulement
Arctor est aussi
Fred, un agent des narcotiques dont le travail est de remonter la filiére de l'
organisation
Substance Mort au moins jusqu'aux
pushers c'est à dire ceux qui fournissent les petits dealers. Pour que l' infiltration soit la plus optimale possible les autorités
elles même ignorent qui est Fred en réalité. Il porte un
complet brouillé; une combinaison qui affiche aléatoirement des visages et des vetements afin que l'agent soit toujours masqué
quand il s' adresse à sa propre agence. Le fait est que personne ne sait d'où provient la
Substance M ... Mise à part de drole de tentatives d'accident orchestrées par Barris, tout
semble fonctionner pour Arctor/Fred qui n' en finit pas d' essayer de conclure avec
Donna. Jusqu'au jour où
Hank, son supérieur, vétu de son complet brouillé demande à Fred, dans
son complet brouillé, d' enqueter principalement sur Arctor qui selon lui prépare quelque chose d' enorme. Arctor/Fred ne prépare rien et la psychose s' installe dans le coeur de chaque cachet de
Substance M qu'il avale ...
Comme bon nombre de roman de Dick, la question de la réalité se pose, cette fois ci au travers du spectre de la drogue. Mais aussi et c'est le coeur du roman au travers de la dualité qui habite
chacun de nous, entre ce que nous sommes et ce que nous devons paraitre pour les autres. Arctor est un agent qui doit se faire passer pour un junkie auprés de ceux qu'ils surveillent c'est à dire
ses amis; tandis que Fred est un junkie qui tente de le dissimuler à l'agence qui l' engage. Où que soit sa place, Arctor/Fred n' est jamais à son aise et à toujours quelque chose à cacher et un
objectif secret à atteindre. Ceux sont vraisemblablement les bases d' un bon roman mais
Substance Mort va plus loin en appliquant cette
dualité à quantitée d' autres élements. En ce qui me concerne, c' est ce qui fait de ce roman une excellente représentation de la nature versatile, étrange, inaccessible de la réalité dans un monde
imergé, noyé, dans la fiction. Les fictions de la culture, les fictions que provoquent la drogue, les fictions auxquelles nous aspirions ou au contraire qui nous effraient, les fictions qui font
fonctionner notre monde, l' argent, les façades, les multinationnales,
Coca Cola, l' Etat ... et le visage des autres qui n'est qu'un reflet inversé fictif de ce qu'ils sont.
Substance Mort est généralement présenté comme étant l' un des romans les plus personnels de K.Dick. Compte tenu de ce que je peux prétendre
savoir sur lui, celà me parait assez juste. Et, quoiqu'il en soit, nul doute qu'il ait revendiqué cet attachement particulier. Au fur et à mesure du livre des personnages disparaissent fauchés par
les drogues et quand le roman touche à sa fin; quand on a ri des divagations de toxico complétement allumés qu'on a appris la vérité, quand on sait que la mort n' est pas la meme pour tout le
monde, Dick achéve l' ouvrage par la liste de ceux qu'il a perdu et qu'il regrette, qu'ils soient décédés ou atteints de psychose permanente comme pour nous dire que la fiction n' a jamais été
aussi proche de la réalité, quel qu'elle puisse etre ...